HEAD ON (GEGEN DIE WAND) // FATIH AKIN

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2004

 

Head On ou Gegen Die Wand est le troisième long métrage du réalisateur germano-turc Fatih Akin. Le film raconte l’histoire de Cahit (BIROL ÜNEL), un quadragénaire punk, aux tendances suicidaires qui noie son mal de vivre dans l’alcool et la drogue. Suite à un accident de voiture, il se retrouve à l’hôpital psychiatrique d’Hambourg où il rencontre une jeune femme, Sibel (SIBEL KEKILLI) qui a feint de se suicider pour échapper à sa famille et à la pression des traditions. Cahit est turc, Sibel voit donc en lui le candidat parfait à un mariage blanc pour convaincre ses parents de la laisser vivre sa propre vie. Sibel demande à Cahit, qu’elle vient juste de rencontrer, de l’épouser, seul moyen pour elle de quitter sa famille sans briser les traditions.

Cahit finit par céder, touché par la situation désespérée de Sibel. Ils passent un accord et décident de vivre en colocation pour les apparences. Leur faux mariage va peu à peu laisser place à de vrais sentiments amoureux.

 

« SHE SAYS SHE’LL KILL HERSELF IF I DON’T DO IT »

 

Le film traite du choc culturel germano-turc, de la relation de pouvoir entre les hommes et les femmes mais pas seulement, loin de tomber dans le cliché de l’immigration, Fatih Akin montre deux êtres aux comportements extrêmes (exprimés à travers le sexe, la drogue et la musique) perdus dans l’existence, le film traite avant tout de la passion amoureuse qui dévore et rend fous Cahit et Sibel. Les deux personnages en quête d’identité, de liberté et d’amour vont se perdre sur le chemin de l’autodestruction. Fatih Akin montre avec brutalité, sans artifices, ces deux êtres en état urgence que l’amour et la vie consume. Head On est une tragédie romantique moderne.

 

« PUNK IS NOT DEAD ! » 

 

_ « L’amour comprit comme seule forme raisonnable de guerre, comme une force qui se pose devant nous et qui nous confronte; c’est cette force qui est présente dans le film et c’est pourquoi ce film est une histoire d’amour. » Fatih Akin

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BREAKING THE WAVES // LARS VON TRIER

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1996

 

Grand prix du jury, Cannes en 1996, Breaking the Waves est le premier volet de la trilogie GoldenHearted (Coeur d’or, inspiré d’un conte) dont font partie Les Idiots et Dancer in the Dark.

L’histoire se déroule dans une communauté puritaine écossaise (dans les années 70’) où les femmes n’ont pas le droit de s’exprimer. Bess McNeil (Emily Watson), jeune femme un peu naïve et crédule choisit d’épouser Jan (Stellan Skarsgard), un outsider bien que sa communauté n’approuve pas cette union.

 

« SHE’S NOT RIGHT IN THE HEAD. »

 

Bess est perçue comme fragile psychologiquement par son entourage, elle est vue comme « l’idiote du village ».

L’héroïne dialogue régulièrement avec Dieu : elle fait les réponses à ses questions en changeant sa voix en une voix plus grave. Jan est victime d’un accident sur la plateforme où il travaille et se retrouve entièrement paralysé. Il est frustré de ne plus pouvoir satisfaire Bess et lui conseille alors de prendre un amant. Il veut qu’elle fasse l’amour avec d’autres hommes et qu’elle lui raconte ensuite les détails, une manière pour lui de vivre par procuration. Bess accepte pour prouver à Jan son amour. Après l’accident de Jan, elle passe une sorte d’accord avec Dieu : Jan ira mieux si elle fait l’amour avec d’autres hommes. Bien qu’elle n’en ai pas envie, elle est persuadée que son sacrifice pourra sauver l’homme qu’elle aime.

 

« LOVE IS A MIGHTY POWER. »

 

Bess se perd et ne fait plus la distinction entre désir et imagination, elle est persuadée que ses actes donnent corps, à personne interposée, à l’amour qu’elle porte à Jan. Bess nourrit ses fantasmes pour le maintenir en vie.

 

« God gives everyone a talent, something to be good at… 

I can believe. I’ve always been stupid but i’m good at this. »

 

On reconnaît déjà la patte dogme95, le montage haché, la fluidité des plans filmés caméra épaule, le cadrage incertain, les flous, les mises au point donnent au film un réalisme saisissant et donnent au spectateur un sentiment d’immédiateté. La camera est toujours très proche de ses personnages, le réalisateur crée une relation privilégiée entre Bess et le spectateur, elle est le seul personnage à regarder directement la caméra.

 

« SHE JUST WANTS IT ALL. »

 

Breaking the Waves est difficile à classer, Lars Von Trier le qualifie de « mélodrame érotique » et selon lui, Breaking the Waves est avant tout un film sur la bonté.

Bess est montrée comme un martyr, c’est sa bonté qui la conduit au sacrifice.

 

GLORIA // JOHN CASSAVETES

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1980

 

Juste avant d’être assassiné, Jack Dawn, comptable pour la mafia qui a collaboré avec le FBI confie son fils Phil (John Adames) à sa voisine Gloria (Gena Rowlands), cette femme qui « n’aime pas les enfants » se retrouve avec le petit garçon de ses voisins recherché par la mafia – avec qui elle est en bons termes. Elle décide malgré tout de protéger le petit et de ne pas le rendre à ses ravisseurs, Gloria et Phil se retrouvent alors en cavale dans les rues labyrinthiques de NY, recherchés par des dangereux mafieux.

Dans la frénésie de cette course poursuite, nait une relation troublante entre cette femme d’âge mur et cet enfant devenu orphelin. Une sorte d’adoption forcée qui va lentement se transformer en histoire d’apprivoisement puis d’amour.

 

Gloria est une femme forte, « dure » comme dirait Phil, qui même si elle refuse de le reconnaître, s’est attachée au petit garçon. Son personnage est complexe, attachant et excellemment interprété par Gena Rowlands. Une belle déclaration d’amour de Cassavetes qui a offert a sa femme un rôle taillé sur mesure. Phil lui est en avance sur son âge, incroyablement mature. Sa compréhension du monde n’est pas celle d’un enfant mais il garde malgré tout ce côté enfantin très attachant. Gloria n’a pas de gestes d’affection envers lui alors il la provoque par le langage pour la faire réagir. A mesure que le récit avance, les deux personnages se révèlent et se construisent une famille.

 

 

« You’re not my mother, you’re not my father,

you’re not anyone to me,

You’re not enough for me, ok?

Ok, Gloria? »

 

Cassavetes filme avec sobriété des personnages en état d’urgence, contraints de lutter pour leur survie. A travers ce duo improbable, il observe les comportements sans jamais tomber dans l’analyse des sentiments, il se contente de saisir l’émotion dans sa forme la plus pure/brute et de nous la délivrer.

 

« Ce que fais Cassavetes, c’est dépeindre le monde en flagrant délit d’existence. »

 

Le cinéma de Cassavetes est à mi chemin entre documentaire et fiction, le réalisateur ne fait pas d’exercices de style, la technique filmique est là pour capter l’authenticité de ses personnages, les montrer tels qu’ils sont, montrer leur évolution avec toujours ce souci de coller au réel. Le spectateur se retrouve mêlé aux événements, la caméra ne rate rien, elle suit les corps et s’essouffle en même temps que les deux héros en cavale.

 

 

« Le cinéma à mes yeux est une quête sur ce que les gens ont dans la tête (…) La caméra doit chercher à saisir les métamorphoses minuscules et subtiles du comportement humain qui font de nous ce que nous sommes (…) Et je veux mettre à l’écran ses désirs secrets, pour que nous puissions tous les regarder, y penser, ressentir une émotion ou nous en émerveiller. » John Cassavetes 

 

 

BLEU // KRZYSZTOF KIESLOWSKI

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1993

Bleu est le premier volet du triptyque écrit par le réalisateur polonais Krzysztof Kieslowski inspiré des trois couleurs du drapeau français et du thème « liberté, égalité, fraternité ». Le film traite du deuil et de la mort psychologique d’une jeune femme après la mort accidentelle de son mari et sa petite fille.

Après un tragique accident de voiture dans lequel son mari, grand compositeur de musique classique et leur petite fille de cinq ans, trouvent la mort, Julie (Juliette Binoche) se retrouve seule et commence alors une nouvelle vie anonyme en se détachant délibérément de tout ce qui l’entoure.

 

« Bleu, c’est la liberté, l’histoire du prix que nous payons pour elle. À quel point sommes-nous vraiment libres ? »

Krzysztof Kieslowski

 

Julie fait l’expérience du détachement total, la douleur l’enferme; elle prend la décision de se soustraire du monde qui l’entoure en ne faisant « rien ». Elle vend tous ses biens et décide de mener une existence sans désir, sans avenir, travail ou attachements. La douleur du deuil et la culpabilité d’être en vie sont tels que Julie se retrouve figée dans un présent dont elle ne veut plus rien.

Elle détruit les partitions du « Concert pour l’Europe », l’oeuvre inachevée de son mari, une manière pour elle de faire taire la musique, d’étouffer la douleur. Malgré tous ses efforts pour oublier entièrement son passé, elle est constamment hantée par cette musique qui revient sans cesse (à l’hôpital, dans la rue etc…) la plupart du temps accompagnée de la couleur bleue.

La musique inachevée de son mari Patrice devient alors le chant de sa propre douleur qu’elle refuse et ignore d’abord, puis qu’elle décidera enfin d’achever. Par cet acte de création, elle se libère et décide de ne plus subir son quotidien.

 

Kieslowski est un habile metteur en scène avec un sens du détail incroyable. Le film est très esthétique, la photographie soignée avec ce bleu qui revient sans cesse hanter l’héroïne. Le réalisateur choisit de ponctuer le film de quatre fondus au noir qui ici ne marquent pas la fin de séquences mais une pause dans la narration, comme un long soupir qui intervient à l’image lorsque l’émotion est trop forte et que Julie se retrouve submergée. Elle est alors incapable de parler et se retrouve pendant un temps, seule avec la musique.

Le spectateur devient le témoin impuissant de cette souffrance quasiment palpable contre laquelle on ne peut rien. Personne ne peut rien faire, pas même les autres personnages, la Bonne qui pleure à qui Julie demande « Pourquoi vous pleurez? » et qui lui répond « Parce que vous ne pleurez pas », pas même Olivier qui veut l’aimer…

 

« Je crois que le sentiment humain est en définitive le plus fort, et que le bien est plus fort que le mal. Il ne s’agit ni de pessimisme ni d’optimisme, mes personnages à la fin apprennent quelque chose, même s’ils en ont payé le prix : il s’agit effectivement d’amour (…) L’important est de ressentir l’amour, la douleur, la haine, la peur de la mort, de la même façon. »

Kieslowski (1941 – 1996)

 

[…] L’amour ne périt jamais,

car les prophéties prendront fin,

les langues se tairont,

la connaissance disparaîtra.

Maintenant donc demeurent ces trois-là:

la foi, l’espérance et l’amour.

Mais le plus grand de ces trois, c’est l’amour […]

 

MISTER LONELY // HARMONY KORINE

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2007

 

Mister Lonely, co-écrit avec son frère Avi Korine est le troisième film d’Harmony Korine. Ce film marque le retour au cinéma du réalisateur après des années d’exil et de dépression au Panama.

Le film raconte l’histoire d’un américain, sosie de Michael Jackson (Diego Luna), perdu dans les rues de Paris où il ne connait personne à part son agent Bernard (le fabuleux Leos Carax). Il rencontre Marilyn Monroe (Samantha Morton) et la suit dans un petit village d’Écosse ou elle vit avec son mari Charlie Chaplin (Denis Lavant) et d’autres imitateurs. Un endroit ou tout le monde est célèbre et personne ne vieillit, ou le Pape, la Reine d’Angleterre, James Dean, Sammy Davis Jr, Charlie Chaplin, Madonna et les autres vont organiser le plus grand spectacle du monde. En parallèle, on retrouve une seconde intrigue où l’on découvre un prêtre (l’excellent Werner Herzog) et un groupe de nonnes au Panama capables de voler, l’histoire d’un miracle porté par une foi sans limites. Puis vint le désenchantement…

 

Les deux intrigues se font écho, elles posent toutes deux la question de la réalité au sein du rêve et de la fragilité de la vie. Le film se pose comme une réflexion mélancolique sur la solitude, la foi et l’identité.

Korine nous montre l’expérience d’une utopie qui devra coïncider avec la réalité.

 

  • «C’était une idée très abstraite : donner du sens au désastre, déconstruire toute idée de beauté, salir la pureté et purifier la saleté.» Harmony KORINE

 

Harmony Korine n’est pas juste le scénariste de Larry Clark ou le réalisateur qui filme des bimbos en fluo pendant le Spring Break(ers), c’est aussi le réalisateur des très bons films : Gummo, Julian Donkey Boy (dogme 95) et Mister Lonely.

L’excellente bande son est signée : Sun City Girls et Jason «Spaceman» Pierce (Spiritualized)

 

 

«We here in the broken nation

are tired and bruised.

We have been left here alone with nothing.

We have been abandoned.

We are like vomit in the street

outside of a seedy bar.

We have been relegated

to the bottom of the barrel

and all our senses of understanding

and love seem gone forever.

In order to survive here,

we have to become like animals…

and we have to fore go

all sense of civility and understanding.

How is it possible that a nun can fly?

How is it possible that she falls

out of a plane and lands unscathed?

But who are we…

who are we to scoff at such things?

Who are we to doubt such miracles?

Alas, we are but tramps in the gutter,

here in the broken nation.

But a little faith

can take us a long, long way.»  _ The Priest 

 

 

DOWNTOWN 81′ (NEW-YORK BEAT MOVIE) // EDO BERTOGLIO

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1981

Écrit par Glenn O’Brien et réalisé par Edo Bertoglio, ce film aux allures de documentaire tourné à New-York entre 1980 et 1981 mais sorti seulement en 2001 dans très peu de salles montre l’ère post-punk new-yorkaise met en scène le peintre Jean-Michel Basquiat alors âgé de 19ans dans son propre rôle ainsi que d’autres personnalités de l’époque : Diego Cortez, James Chance, Amos Poe, Tav Falco…)

 

Après avoir été expulsé de son appartement, JMB erre dans les rues de NY dans l’espoir de pouvoir vendre sa toile qu’il transporte sous le bras. Il erre de clubs en clubs, de rencontres en rencontres et nous montre l’effervescence artistique new-yorkaise ainsi que son amour pour la ville à travers son regard d’artiste.

Une journée dans la vie du peintre, ses errances dans les rues new-yorkaises, ses galères d’argent, ses rencontres (notamment Debbie Harry – chanteuse de Blondie – qu’il transforme en princesse après un baiser), sa recherche de la belle Béatrice. Ce film montre avant tout l’émergence de la contre culture US avec la New-wave, le Hip-hop, les graffitis… Un document historique inédit sur le style de vie underground des années 80’ avec un JMB encore inconnu du grand public qui six ans plus tard (1988) mourra d’une overdose, rejoignant ainsi le fameux club des 27.

 

Sa promenade solitaire dans la ville est ponctuée d’interludes musicales avec des images live de concerts ou de studio d’enregistrement où on retrouve des groupes tels que : DNA, Kid Creole and the Coconuts, The Plastics… Basquiat et son groupe GRAY, Lydia Lunch, Vincent Gallo, The Specials, James White and the Blacks…

Le film est fragmenté, à l’image de cette déambulation dans le paysage urbain dans laquelle Basquiat nous entraine, la caméra est toujours proche et permet au spectateur de se laisser porter par le flot continu de pensées en voix off uniquement interrompu lors de ses diverses rencontres (ses amis arty, des dealers, des prostituées, des gens violents, des fous…) mais aussi lorsqu’il s’arrête pour laisser sa marque en graffant sur les immeubles en ruines qu’il signait SAMOSame Old Shit.

 

« I’m an artist »,

when you tell people that, they usually say : « What’s your medium? »

I usually say : « Extra Large. »

 

Home-made movie resté trop longtemps dans les placards, entre documentaire et fiction, avec un style épuré, brut et une caméra très libre voir maladroite à certains moments, Downtown 81 est un film difficile à classer mais il reste néanmoins incontournable pour les amateurs de culture underground.

 

It’s all about love // Thomas Vinterberg

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2003

 

Après Festen, largement salué par critique, Vinterberg s’est mit en tête de faire totalement l’inverse du Dogme95 (courant cinématographique crée par Lars Von Trier et Vinterberg) qui prône la sobriété et se veut dénué de tout artifices ou effets spéciaux pour atteindre une forme de réel direct.

 

«De plus, je jure en tant que réalisateur de m’abstenir de tout goût personnel. Je ne suis plus un artiste. Je jure de m’abstenir de créer une « œuvre », car je vois l’instant comme plus important que la totalité. Mon but suprême est faire sortir la vérité de mes personnages et de mes scènes. Je jure de faire cela par tous les moyens disponibles et au prix de mon bon goût et de toute considération esthétique.»

 

Extrait du voeu de chasteté Dogme95 signé par LVT et TV

 

It’s all about love est un film très esthétique à la photographie soignée qui nous montre un monde futuriste dans lequel les dérèglements climatiques ont bouleversé notre monde et où les gens meurent subitement d’arrêts cardiaques causés par la solitude.

It’s all about love, c’est avant tout un film qui parle d’amour. Un couple John (Joaquin Phoenix) et Elena (Claire Danes) se retrouve à NYC pour signer les papiers du divorce jusqu’à ce que John réalise qu’Helena est menacée par son environnement et les personnes qui l’entourent. Après avoir découvert l’envers du décor, les deux amoureux tentent de fuir ce complot familial hystérique et mystérieux.

 

Vinterberg nous offre un poème symbolique sur l’état du monde. Le film soulève beaucoup de questions mais laisse le spectateur avec ses propre réponses. Le titre en dit long, malgré les dérèglements climatiques, la haine, la mort ou la peur, tout est toujours question d’amour.

Mal reçu par la critique parce que le réalisateur a fait le choix de sortir de sa case de réalisateur Dogme95, It’s all about love reste malgré tout un très beau film.

 

BOY MEETS GIRL // LEOS CARAX

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1984

 
C’est le premier film de Caraxl’enfant terrible du cinéma français – prix du festival de la jeunesse à Cannes…

Le film s’ouvre sur une rupture, celle de deux êtres qui ne savent plus communiquer avec en fond sonore  « Je suis venu te dire que je m’en vais…».

 

«Les baisers ne serviront plus jamais à se fermer la bouche.» 

 

C’est l’histoire d’Alex (Denis Lavant) et de Mireille (Mireille Perrier), du mal de vivre, des idées noires, des relations qui s’achèvent alors que d’autres commencent. C’est l’histoire de leur rencontre, de leur goût et dégoût du monde. C’est l’histoire de toutes les premières fois pour lui, dans un Paris nocturne, du spleen façon romantisme pour elle. Dans des décors minimaux et obscurs, les deux amants à dérive parlent de leurs blessures encore ouvertes.

C’est surtout une histoire d’amour, celle d’un garçon abandonné par sa fiancée et celle d’une jeune fille accrochée à une histoire vouée à l’échec.

Le tout à la sauce Carax, entre cinéma et poésie – héritage de la Nouvelle Vague – avec une bande son des plus classes (Gainsbourg, David Bowie, Dead Kennedys, Barbara…)

 

«Tout ça c’est très vieux, l’amour je veux dire, les amoureux sont crevés.»

 

«Les rêves formidables, j’ai jamais cherché à les réaliser… Juste à les refaire la nuit d’après.»

 

Permanent Vacation // Jim Jarmusch

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1980

 

PERMANENT VACATION, film de fin d’études écrit et réalisé par Jarmusch. Son premier film annonce d’emblée le style du réalisateur qui filme des êtres de solitude en errance. C’est l’histoire d’Aloysious Parker que nous montre Jarmusch, jeune adolescent dandy-punk qui évolue hors de toute réalité quotidienne et erre dans les rues d’un New-York délabré, post-apocalyptique. Le jeune vagabond sans attaches, livré à lui-même pose son regard sur le vide de l’existence à travers ses rencontres et les lieux dans lesquels ils se rend.

 

– Chris Parker dans le rôle d’Aloysious Parker.

Jarmusch peint à travers cet anti-héros le portrait d’une jeunesse perdue qui ne sait plus très bien où aller. Aloysious – Allie – évoque sa difficulté à trouver du sens à l’existence et à trouver des points d’attache permanents (comme il le dit lui-même) et pourtant il est conduit par un désir presque incontrôlable d’entrer en contact avec des personnes – marginales comme lui, qui évoluent hors de la réalité du quotidien. La rencontre, thème récurrent chez Jarmusch permet à Aloysious d’enrichir son errance, c’est à travers tous ces personnages singuliers que s’écrit son histoire :

 

– Le soldat traumatisé par la guerre

– La mère enfermée à l’asile psychiatrique

– L’espagnole hystérique qui pleure

– La fille qui vend du pop-corn au cinéma

– Le black et le doppler effect

– Le saxophoniste

– Le parisien au port

 

Cette déambulation urbaine permet au réalisateur de montrer une Amérique détruite, traumatisée par la guerre du Vietnam, loin des paillettes et du glamour du fameux rêve américain. Le personnage principal crée un contact avec les ruines dont il s’imprègne.

 

Le film est truffé de références et de clins d’oeil :

  • Références artistiques : littérature du XIXe siècle, LautréamontLes Chants de Maldoror (1869), le livre parle de la révolte adolescente et dépeint la victoire du monde de l’imaginaire sur le monde réel.

«Fossoyeur, il est beau de contempler les ruines des cités; mais il est plus beau de contempler les ruines des humains!»

  •  Aloysious Parker, l’adolescent est un grand fan de Jazz, de Charlie Parker.
  • Filmer la ville en ruines après la guerre, clin d’oeil au néoréalisme italien
  • Clin d’oeil à Godard, dans le film Week end dans lequel Lautréamont est également récité.
  • Lorsqu’Allie se rend au cinéma où passe : The Savage Innocents de Nicholas Ray (1959) – professeur de Jarmusch et mentor, film qui raconte l’histoire d’un chasseur esquimau dont la vie pacifique sera troublée par sa rencontre avec le monde des blancs.

 

 

ALOYSIOUS :  

 

«Some people, you know, they – they can distract themselves with ambitions and motivation to work, you know, but not me… They think people like myself are crazy, you know. Everyone does because of the way I live, you know.»

 

« Well, I have my dreams while I’m awake. »

 

 

La fille aux allumettes (Tulitikkutehanta tyttö) // Aki Kaurismäki

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1990

 

Dernier volet de la trilogie prolétarienne, un triptyque sur la classe ouvrière finlandaise après Shadows in Paradise (l’éboueur amoureux) et Ariel (le chômeur voleur), La fille aux allumettes.

 

Le film s’ouvre sur une citation «Ils doivent être morts de froid et de faim au milieu de la forêt.», qui selon Kaurismaki est parfaitement adaptée aux Finlandais. D’emblée, le ton est donné…

 

L’histoire d’Iris, jeune ouvrière qui travaille à la chaine dans une usine d’allumettes. Elle vit avec sa mère et son beau-père qui passent le plus clair de leur temps devant la télé. Au travail comme à la maison, Iris est exploitée, maltraitée, ignorée. Une cendrillon moderne version finlandaise. Pour se sortir de ces univers mornes et sans espoirs, elle sort, se fait belle et se rend dans des dancings, dans des bars. Elle recherche désespérément la socialisation, le contact alors elle attend patiemment chaque soir.

 

«Quelque part au delà de l’océan, il est un pays,

où des vagues chaudes caressent doucement des plages de bonheur.
Toutes sortes de merveilleuses fleurs y sont toujours écloses.

Aucune peine, aucun souci là-bas

Aucun trouble et aucune tristesse…

… Seuls mes rêves me permettent d’apercevoir ce lieu béni.»

Comme Cendrillon, elle va s’acheter une belle robe pour le bal, son beau père fou de rage qu’elle ai dépensé l’argent l’insulte de «Putain!». Elle va au bal et y rencontre un homme, son prince ? Il s’avère être un goujat, après une nuit avec elle, il lui laisse de l’argent sur la table de nuit alors qu’elle dort encore, comme à une prostituée.

Iris voit peu à peu toutes ses illusions s’effondrer les unes après les autres, impuissante, elle souffre en silence. Elle est d’ailleurs silencieuse durant les trois quart du film. Jusqu’à ce que… trop c’est trop. Iris décide de prendre une revanche meurtrière contre toutes ces personnes qui l’ont trop longtemps abusée.

 

On reconnaît la patte Kaurismäki quasiment tout de suite, le paysage industriel, l’absence quasi totale de dialogues, la nonchalance émotionnelle des personnages, les chansons romantiques kitch sur des images tristes…

 

«Finnish people are meant not to be noticed» — Kaurismäki

 

La fille aux allumettes : quand les contes de fées rencontrent l’humour noir et le cynisme d’Aki Kaurismäki.

 

« Mon plan préféré, ce serait un mur, deux personnes devant le mur, la lumière et l’ombre. On enlève une personne : il reste une personne, le mur, la lumière et l’ombre. On enlève la deuxième personne : il reste le mur, la lumière et l’ombre. On enlève le mur : il reste la lumière et l’ombre. On enlève la lumière : il reste l’ombre. C’est ça, le cinéma. » — Kaurismäki

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