Archives Mensuelles: septembre 2014

Another day in Paradise // Larry Clark

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1997

Another day in paradise est le second long métrage de Larry Clark après KIDS, l’histoire est adaptée d’un manuscrit écrit par un ancien prisonnier (Little Eddie) dans lequel il raconte ses déboires avec la drogue et la criminalité.

Le film a remporté le grand prix du festival du film policier de Cognac en 1999.

Mél (James Woods) et Sid (Mélanie Griffith) couple de voleurs expérimentés se prennent d’amitié pour un couple d’adolescents Bobbie (Vincent Kartheiser) et Rosie (Natasha Gregson Wagner).

Bobbie est un jeune complètement à la dérive, perdu dans l’univers de la drogue et de la petite délinquance. Lorsqu’il fait la rencontre de ces deux truands charismatiques, Bobbie est impatient d’apprendre les ficelles du métier et de devenir un vrai dur. Mél et Sid initient le jeune couple aux pratiques criminelles, ensemble ils vont mener la grande vie (argent facile, drogues à volonté…) et organiser des gros coups.

Après cet avant-goût du paradis, l’aventure qui commence comme une joyeuse ballade en famille va vite se transformer en descente aux enfers.

« I’m just a junkie and a real good thief »

Bobbie et Rosie sont le symbole d’une jeunesse déchue, livrés à eux-même ils vont trouver chez Mél et Sid les parents de substitution dont ils ont désespérément besoin. Sid est très protectrice et maternelle là où Mél est constamment dans le contrôle et la violence.

« So, you two are Bonnie and Clyde, eh? »

Another Day in Paradise est une histoire sombre racontée de manière brute qui dépeint le quotidien rock’n’roll de junkies paumés en quête d’adrénaline qui aspirent eux aussi à une part du rêve americain.

Larry Clark dresse le portrait sulfureux d’une Amérique hors-la-loi dans les années 70 de manière crue et brutale, c’est la patte du réalisateur; cette recherche constante de la vérité nue.

« Mon but était de peindre la réalité aussi honnêtement que possible, de montrer comment les choses se passent. »  Larry Clark

La structure filmique est relativement classique bien que Larry Clark ne tombe pas dans les clichés propres au genre, il nous immerge dans le monde de la drogue et du crime où les personnages – toujours en état d’urgence – tentent de survivre. Il dépeint ces paradis artificiels comme un monde cruel, sans états d’âme où nécessité fait loi.

Road-movie criminel sur fond de blues (Otis Redding, Percy Sledge…), c’est par son contenu que le film surprend; c’est avant tout une histoire bien contée portée à l’écran par des acteurs qui offrent une performance à la fois crédible et touchante.

« Yeah. I’m a doctor, shooting you up with heroin. That’s right. »

Le spectateur se retrouve vite happé par la mise en scène nerveuse (caméra à l’épaule, images granuleuse lorsque l’éclairage est faible) et par les personnages à la fois destructeurs et attachants que l’on voit évoluer et se déchirer.

Entre attraction et répulsion, Larry Clark joue avec les limites entrainant ainsi le spectateur dans un voyage chaotique qui fait l’effet d’une bonne grosse claque.

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Den Brysomme Mannen (Norway of life) // Jens Lien

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2007

Second long métrage de Jens Lien, Den Brysomme Mannen (l’homme qui dérange) basé sur une pièce radiophonique a remporté 4 prix au Festival du film fantastique de Gérardmer 2007 et le prix ACID à Cannes en 2006.

Le film s’ouvre un baiser mécanique voir grotesque tant il est exagéré, le personnage principal Andreas (Trond Fausa Aurvaag) regarde le couple s’embrasser sur le quai de métro, avec les bruits de bouche en fond sonore.

C’en est trop, il se jette sur la voie.

« Nothing tastes anything »

Andreas découvre alors une société ultra fonctionnelle dans laquelle il se retrouve intégré presque naturellement. On lui offre un emploi, un endroit où vivre et même une femme. Une société totalement aseptisée où tout semble fade – les émotions sont contrôlées voir réprimées. Andreas tente de s’échapper par tous les moyens, sans succès, il se retrouve toujours au même point.

Le personnage principal s’enfonce alors dans un malaise cauchemardesque.

« J’ai voulu arriver à faire sentir que sous la surface lisse, il y a quelque chose qui est au bord de l’explosion. » _ Jens Lien

Andreas découvre un monde où tout semble être sous contrôle mais ou la « vie » semble absente. Il se retrouve alors pris au piège dans une dictature du bonheur matérialiste dans laquelle il n’est pas à sa place. Andreas est un personnage kafkaïen; ses rapports aux autres sont basés sur l’incompréhension, il est le seul a ressentir des émotions (cf scène au cinéma : il est le seul à pleurer) et avoir conscience du monde qui l’entoure.

« – I’m going to leave you.

But we have guests on saturday ! »

Les décors sont minimalistes, froids, tout droit sortis d’un catalogue ikéa et marquent l’absence de vie des personnages. Les mouvements de caméra sont très lents, les images sont dans les tons gris, pâles mais avec une esthétique toujours soignée, typiques du cinéma nordique (notamment Roy Andersson).

Le réalisateur dresse un portrait critique des sociétés occidentales plus précisément nordiques jugées « trop lisses » en mettant en scène un monde aseptisé ou tout n’est qu’automatisme (sexe, relations amoureuses, nourriture). Norway of Life est une satire du monde moderne et de l’isolement qu’il engendre sous la forme d’une comédie noire vraiment réussie.

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