Archives Mensuelles: mai 2014

LES AILES DU DÉSIR (DER HIMMEL ÜBER BERLIN) // WIM WENDERS

Capture d’écran 2014-05-29 à 01.06.02

Capture d’écran 2014-05-29 à 01.03.51

Capture d’écran 2014-05-29 à 01.06.37

Capture d’écran 2014-05-29 à 01.06.20

Capture d’écran 2014-05-29 à 01.41.23

Capture d’écran 2014-05-29 à 01.44.53

Capture d’écran 2014-05-29 à 02.13.36

Capture d’écran 2014-05-29 à 02.18.24

Capture d’écran 2014-05-29 à 02.51.50

Capture d’écran 2014-05-29 à 03.03.04

Capture d’écran 2014-05-29 à 03.13.05

Capture d’écran 2014-05-29 à 07.28.28

Capture d’écran 2014-05-29 à 07.31.35

Capture d’écran 2014-05-29 à 07.36.23

Capture d’écran 2014-05-29 à 07.37.18

Capture d’écran 2014-05-29 à 07.39.05

Capture d’écran 2014-05-29 à 08.13.10

Capture d’écran 2014-05-29 à 03.05.40

Capture d’écran 2014-05-29 à 03.05.33

1987

Les Ailes du Désir (Der Himmel Über Berlin), co-écrit par Peter Handke et Wim Wenders marque le retour du réalisateur en Allemagne qu’il avait quitté pour les États-Unis. Prix de la mise en scène à Cannes la même année, le film est dédicacé à « Yasujiro, François et Andreï » (Ozu, Truffaut et Tarkovski).

Berlin, avant la chute du mur, les anges Cassiel (Otto Sander) et Damiel (Bruno Ganz) veillent sur les humains et recueillent leurs monologues intérieurs. Lors de ses déambulations dans la ville, Damiel tombe sur un cirque où il aperçoit Marion (Solveig Dommartin / Mme Wenders à l’époque), une trapéziste mélancolique en proie aux questions existentielles. Sensible à la condition humaine, il est immédiatement touché par la jeune femme et décide alors de devenir humain donc mortel.

Les Ailes du Désir est un conte philosophique, une déambulation poétique dans les rues de Berlin qui célèbre la nature humaine et la beauté de l’existence. Les anges deviennent témoins des pensées et autres aspirations des humains sur qui ils veillent. La narration est volontairement déconstruite; l’intrigue se compose des divers monologues des passants, leurs sentiments mis bout à bout comme un cadavre exquis berlinois. A travers tous ces individus, ces différentes sensibilités qui s‘expriment on devine l’universalité de la condition humaine.

Berlin est encore séparée en deux par le mur, à travers ces image d’une ville en ruine, on constate les dégâts causés par la guerre. Une profonde mélancolie vient envelopper Berlin et ses habitants encore sous le choc de voir leur ville ainsi défigurée. Wim Wenders nous montre à travers ses plans aériens le constat de la guerre, une ville scindée en deux mais il nous offre avant tout la preuve d‘une foi indéfectible en la civilisation et l’espoir d’un re-nouveau.

Les deux anges sont témoins du monde en marche mais ils n’ont pas de pouvoir d’interaction. En dehors d’une sincère empathie, ils ne semblent pas avoir accès aux sensations, aux sentiments ou même à la vision en couleur. Wim Wenders alterne couleur et noir et blanc afin de dissocier la vision des anges de celle des humains. 

« Je sais maintenant ce qu’aucun autre ange ne sait. »

Damiel observe et écoute avec attention Marion pour qui il ressent déjà un attachement mais il est frustré de constater que malgré son empathie, malgré ses tentatives de se révéler à la jeune femme, il ne peut réellement l’atteindre. Il devient alors « las de son existence » et choisit de renoncer à l’immortalité pour une vie écourtée mais remplie de sensations. Il renonce à ses ailes pour une bouffée d’humanité.

« You need me. You will need me. There’s no greater story than ours, that of man and woman. It will be a story of giants… invisible… transposable… a story of new ancestors. Look. My eyes. They are the picture of necessity, of the future of everyone in the place. Last night I dreamt of a stranger… of my man. Only with him could I be alone, open up to him, wholly open, wholly for him. Welcome him wholly into me. Surround him with the labyrinth of shared happiness. I know… it’s you. »  Marion

La bande son post-punk, Nick Cave and the Bad Seeds et Crime and the city Solution collent parfaitement au décor, on entend la musique raisonner dans les souterrains berlinois et c’est là que Marion et Damiel se retrouvent, Nick Cave chante alors « From Her to Eternity »

 

 

Publicités

BENNY’S VIDEO // MICHAEL HANEKE

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.40.57

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.41.21

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.42.20

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.42.29

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.46.03

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.48.54

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.50.21

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.50.41

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.54.10

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.56.33

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.57.30

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.58.41

Capture d’écran 2014-05-20 à 00.59.42

Capture d’écran 2014-05-20 à 01.00.04

Capture d’écran 2014-05-20 à 01.01.42

Capture d’écran 2014-05-20 à 01.03.04

Capture d’écran 2014-05-20 à 01.11.54

Capture d’écran 2014-05-20 à 01.14.47

Capture d’écran 2014-05-20 à 02.31.55

 

1992 

 ——- 

Benny’s vidéo, écrit et réalisé par Haneke est le second volet de la trilogie de « la glaciation émotionnelle » (VERGLETSCHERUNGS) qui comprend Le Septième Continent ainsi que 71 Fragments d’une chronologie du hasard.

Benny (Arno Frisch), adolescent d’origine bourgeoise, coupé de toute communication extérieure avec des parents trop souvent absents, s’est enfermé dans l’univers de la vidéo. Benny se gave d’images, presque anesthésié face à ce qu’il voit, il perd pied jusqu’à devenir une sorte d’automate froid et hanté par un désir de violence latent. Il rencontre une fille et ce qui aurait du être une aventure sentimentale va soudain glisser vers l’horreur. 

Dès les premières secondes, on assiste à une mise à mort violente – celle d’un porc – repassée en boucle, le spectateur se retrouve directement et dangereusement fasciné par cette violence glaciale.

 –

Dans sa chambre Benny est entouré d’écrans sur lesquels passent des vidéos catastrophe. Il est noyé dans un flot constant d’images si bien que la frontière entre réalité et fiction devient peu à peu glissante. Benny est caché derrière un monde virtuel où la réalité (la mort, les conséquences) ne peuvent réellement l’atteindre.

Les images l’aident à se distancer du monde extérieur. Benny se sert de sa caméra pour appréhender le monde et le modifier afin de maitriser les événements. Sa chambre est semblable à une salle de montage où Benny rejoue, copie, supprime les images qui défilent sous ses yeux.

 –

 —

La solitude de Benny est insupportable, il choisit alors la fuite à travers des écrans et des images. Entre la réalité et lui, il y a sa caméra comme une vitre derrière laquelle il observe sa propre vie. Les parents de Benny ne lui sont d’aucune aide. Ils sont eux aussi soucieux de conserver leur image de bourgeois bienséants et choisissent délibérément d’occulter les problèmes et de ‘mettre la poussière sous le tapis’.

La violence est filmée par écrans interposés et se déroule principalement en hors-champ ce qui la rend d’autant plus insoutenable; le spectateur est laissé avec son imagination, sa propre interprétation de ce qui est en train de se dérouler.

Le spectateur ressent de l’effroi face à cet acte soudain de violence gratuite. Le film est constant dans son rythme jusqu’à la scène ou tout bascule. C’est la signature d’Haneke, ce calme trop calme puis le choc qui fait l’effet d’une grosse claque ou comme dirait Lacan : « Le réel, c’est quand on se cogne ».

 —

L’ambiance se veut malsaine, l’absence de bande son rend les silences lourds, pesants et contribue à ce sentiment de gêne que ressent le spectateur. On se retrouve alors témoins, voyeurs, Haneke nous met face à notre propre fascination pour l’insoutenable, l’horreur, cette fascination qui fait qu’on ne peut s’empêcher de regarder. Haneke soulève la question de l’impact des images, du message qu’elles véhiculent sur la personne qui regarde.

Il montre à travers le personnage de Benny les dangers de la surreprésentation et la désensibilisation de l’esprit face à la violence et l’horreur dans un monde où la communication semble être rompue.

 

Publicités