Archives Mensuelles: août 2013

Permanent Vacation // Jim Jarmusch

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1980

 

PERMANENT VACATION, film de fin d’études écrit et réalisé par Jarmusch. Son premier film annonce d’emblée le style du réalisateur qui filme des êtres de solitude en errance. C’est l’histoire d’Aloysious Parker que nous montre Jarmusch, jeune adolescent dandy-punk qui évolue hors de toute réalité quotidienne et erre dans les rues d’un New-York délabré, post-apocalyptique. Le jeune vagabond sans attaches, livré à lui-même pose son regard sur le vide de l’existence à travers ses rencontres et les lieux dans lesquels ils se rend.

 

– Chris Parker dans le rôle d’Aloysious Parker.

Jarmusch peint à travers cet anti-héros le portrait d’une jeunesse perdue qui ne sait plus très bien où aller. Aloysious – Allie – évoque sa difficulté à trouver du sens à l’existence et à trouver des points d’attache permanents (comme il le dit lui-même) et pourtant il est conduit par un désir presque incontrôlable d’entrer en contact avec des personnes – marginales comme lui, qui évoluent hors de la réalité du quotidien. La rencontre, thème récurrent chez Jarmusch permet à Aloysious d’enrichir son errance, c’est à travers tous ces personnages singuliers que s’écrit son histoire :

 

– Le soldat traumatisé par la guerre

– La mère enfermée à l’asile psychiatrique

– L’espagnole hystérique qui pleure

– La fille qui vend du pop-corn au cinéma

– Le black et le doppler effect

– Le saxophoniste

– Le parisien au port

 

Cette déambulation urbaine permet au réalisateur de montrer une Amérique détruite, traumatisée par la guerre du Vietnam, loin des paillettes et du glamour du fameux rêve américain. Le personnage principal crée un contact avec les ruines dont il s’imprègne.

 

Le film est truffé de références et de clins d’oeil :

  • Références artistiques : littérature du XIXe siècle, LautréamontLes Chants de Maldoror (1869), le livre parle de la révolte adolescente et dépeint la victoire du monde de l’imaginaire sur le monde réel.

«Fossoyeur, il est beau de contempler les ruines des cités; mais il est plus beau de contempler les ruines des humains!»

  •  Aloysious Parker, l’adolescent est un grand fan de Jazz, de Charlie Parker.
  • Filmer la ville en ruines après la guerre, clin d’oeil au néoréalisme italien
  • Clin d’oeil à Godard, dans le film Week end dans lequel Lautréamont est également récité.
  • Lorsqu’Allie se rend au cinéma où passe : The Savage Innocents de Nicholas Ray (1959) – professeur de Jarmusch et mentor, film qui raconte l’histoire d’un chasseur esquimau dont la vie pacifique sera troublée par sa rencontre avec le monde des blancs.

 

 

ALOYSIOUS :  

 

«Some people, you know, they – they can distract themselves with ambitions and motivation to work, you know, but not me… They think people like myself are crazy, you know. Everyone does because of the way I live, you know.»

 

« Well, I have my dreams while I’m awake. »

 

 

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La fille aux allumettes (Tulitikkutehanta tyttö) // Aki Kaurismäki

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1990

 

Dernier volet de la trilogie prolétarienne, un triptyque sur la classe ouvrière finlandaise après Shadows in Paradise (l’éboueur amoureux) et Ariel (le chômeur voleur), La fille aux allumettes.

 

Le film s’ouvre sur une citation «Ils doivent être morts de froid et de faim au milieu de la forêt.», qui selon Kaurismaki est parfaitement adaptée aux Finlandais. D’emblée, le ton est donné…

 

L’histoire d’Iris, jeune ouvrière qui travaille à la chaine dans une usine d’allumettes. Elle vit avec sa mère et son beau-père qui passent le plus clair de leur temps devant la télé. Au travail comme à la maison, Iris est exploitée, maltraitée, ignorée. Une cendrillon moderne version finlandaise. Pour se sortir de ces univers mornes et sans espoirs, elle sort, se fait belle et se rend dans des dancings, dans des bars. Elle recherche désespérément la socialisation, le contact alors elle attend patiemment chaque soir.

 

«Quelque part au delà de l’océan, il est un pays,

où des vagues chaudes caressent doucement des plages de bonheur.
Toutes sortes de merveilleuses fleurs y sont toujours écloses.

Aucune peine, aucun souci là-bas

Aucun trouble et aucune tristesse…

… Seuls mes rêves me permettent d’apercevoir ce lieu béni.»

Comme Cendrillon, elle va s’acheter une belle robe pour le bal, son beau père fou de rage qu’elle ai dépensé l’argent l’insulte de «Putain!». Elle va au bal et y rencontre un homme, son prince ? Il s’avère être un goujat, après une nuit avec elle, il lui laisse de l’argent sur la table de nuit alors qu’elle dort encore, comme à une prostituée.

Iris voit peu à peu toutes ses illusions s’effondrer les unes après les autres, impuissante, elle souffre en silence. Elle est d’ailleurs silencieuse durant les trois quart du film. Jusqu’à ce que… trop c’est trop. Iris décide de prendre une revanche meurtrière contre toutes ces personnes qui l’ont trop longtemps abusée.

 

On reconnaît la patte Kaurismäki quasiment tout de suite, le paysage industriel, l’absence quasi totale de dialogues, la nonchalance émotionnelle des personnages, les chansons romantiques kitch sur des images tristes…

 

«Finnish people are meant not to be noticed» — Kaurismäki

 

La fille aux allumettes : quand les contes de fées rencontrent l’humour noir et le cynisme d’Aki Kaurismäki.

 

« Mon plan préféré, ce serait un mur, deux personnes devant le mur, la lumière et l’ombre. On enlève une personne : il reste une personne, le mur, la lumière et l’ombre. On enlève la deuxième personne : il reste le mur, la lumière et l’ombre. On enlève le mur : il reste la lumière et l’ombre. On enlève la lumière : il reste l’ombre. C’est ça, le cinéma. » — Kaurismäki

Lune Froide // Patrick Bouchitey

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1991

 

D’après les nouvelles Copulating Mermaid of Venice et Trouble With the Battery de Charles Bukowski. L’histoire de deux paumés, Dédé (André) : chômeur, grand fan de Jimi Hendrix, vit chez sa soeur et son beau-frère dans une caravane et Simon, poissonnier qui délirent et déambulent dans la vie. Ces deux grands enfants illustrent parfaitement cette folie ordinaire décrite par Monsieur Bukowski. La musique est omni-présente dans le film avec Dédé et ses cassettes de rock sans oublier sa parodie de l’anglais à mourir de rire :

« Let it be » devient « Les petites bites »

« You really got me » devient « Faites chauffer les marmites »

 

Un soir de beuverie, ils décident de voler un cadavre dans une ambulance, persuadés d’avoir volé un vieil homme, ils le ramènent chez eux et découvrent que le cadavre est une jeune femme, morte depuis peu, très jolie.

 

«Même morte elle est belle.»

«Faut déjà être givré pour tomber amoureux d’une femme vivante…»

«Je t’aime et puis t’es morte petite salope.»

 

On retrouve immédiatement la violence fragile bukowskienne… Cette poésie des caniveaux. Simon, ce paumé qui ne croit plus en rien, tombe amoureux de la jeune femme, bien que morte. L’existence est tragique, la vie est une chienne. Sous la forme du flash-back les deux marginaux au coeurs tendres nous racontent l’histoire de «La Sirène».

 

Pink Flamingos // John Waters

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1972

John Waters – The King of Trash – réalise Pink Flamingos (avec 12000$ de budget), le film symbole du cinéma underground.

 

Les années 70’ à Baltimore (USA), Divine «The filthiest person alive» se fait appeler Babs Johnson parce qu’elle est recherchée par la police.

Elle vit avec son acolyte Cotton – tout aussi barrée, voyeuse.

Son délinquant de fils Crackers – aux pratiques sexuelles totalement glauques et barrées.

Et sa mère retardée Miss Edie – qui ne vit que par et pour les oeufs, elle est totalement eggs-addict.

 

C’est la guerre avec un couple Connie et Raymond Marble qui eux aussi prétendent au titre de Filthiest Person Alive (personnes la plus dégueulasse du monde). Ils kidnappent des femmes qu’ils gardent dans une cave, les mettent enceintes et donnent leurs bébés à des couples de lesbiennes. Ils ont également monté un traffic d’héroïne dans des écoles primaires.

Ils complotent contre Divine agacés par son succès et sa notoriété, ils lui déclarent la guerre en lui envoyant un étron le jour de son anniversaire.

 

«To me, bad taste is what entertainment is all about. If someone vomits watching one of my films, it’s like getting a standing ovation.» — John Waters

«Le film était plus comme une action politique contre la tyrannie du bon goût.»

 

Le film est basé sur le principe d’attraction-répulsion durant les 102 minutes, on est écoeurés-agacés mais impossible de décrocher. C’est un grand n’importe quoi totalement déjanté mais hypnotisant. Divine est une punk-diva prête à toutes les subversions – même si ça signifie manger des excréments ou pratiquer l’inceste. Les deux clans réunissent à eux deux tous les crimes possibles et imaginables et plus abjectes les uns que les autres.

La troupe d’acteurs est une bande d’amis de John Waters originaires de Baltimore, ils sont très mauvais acteurs et jouent comme des pieds tout le long du film mais ce n’est pas grave, ils ont tous une personnalité incroyable et sont tous à la fois captivants et borderline.

On a du mal à oublier l’image granuleuse de ce plan séquence final (sans trucages) où Divine prend place à côté du caniche en train de déféquer et gobe goulûment ses excréments… Trophée fécal pour le réalisateur qui élève Pink Flamingos au rang des films américains les plus trashs.

 

«Pink Flamingos was an anti-hippie movie made for hippies who would be punks in two years.»

A Swedish Love Story // Roy Andersson

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‘En Kärlekshistoria’

– 1970 

 

Une échappée onirique le temps d’un été dans une histoire d’amour entre deux adolescents Annika et Pär qui s’aiment comme on aime la première fois. Roy Andersson fait évoluer ces deux personnages amoureux loin du monde des adultes — univers pesant, triste où l’on retrouve déjà l’humour cinglant du réalisateur.

 

Leur histoire d’amour évolue par touches, lentement comme dans un rêve avec cette musique qui accompagne le langage du corps, ces couleurs claires, ces gros plans qui laissent deviner l’intimité et l’amour partagés. Puis on glisse de nouveau vers la réalité, transitions vers le monde des adultes, celui des parents, ce monde absurde où la musique devient silence, les corps sont éloignés les uns des autres, les couleurs sont plus sombres, les dialogues plus absurdes les uns que les autres.

 

Les deux univers se côtoient, se rencontrent sans jamais vraiment déteindre vraiment l’un sur l’autre… Les deux adolescents dépassent totalement cette absurde et triste réalité dans laquelle sont ancrés les parents qui eux, ont perdu l’insouciance amoureuse de la jeunesse.

Dans le chaos que forment leurs deux familles — lors des repas, les gifles, les rires fous, les monologues schizophrènes, les tensions entre les uns les autres — Pär et Annika parviennent encore à s’aimer d’un amour pur, infaillible.

William S Burroughs – A Man Within // Yoni Leyser

2010

“He was the first person who was famous for things you were supposed to hide — he was gay, he was a junkie, he didn’t look handsome, he shot his wife, he wrote poetry about assholes and heroin. He was not easy to like.” 

John Waters, the Pope of Trash, on WSB, the Pope of Dope.

 

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“And I think that that disappointment that he had when he did fall in love, which was so rare for him, made him a lot more withdrawn sexually and emotionally, a lot more afraid of being vulnerable and then being hurt”Genesis P-Orridge

Opening Night // Cassavetes

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1977

GENA ROWLANDS / JOHN CASSAVETES – SUBLIMES

«When I was 17, I could do anything.
It was so easy. My emotions were so close to the surface.

I’m finding it harder and harder to stay in touch.»

 

Elle craint que le théâtre ne finisse par la rejeter si elle vieillit. C’est une femme qui a peur du vide, peur que le rideau tombe et qu’il n’y ai plus personne, plus personne pour jouer, plus personne pour l’aimer.

Le soir de la première, elle est ivre et s’effondre .. à coups de whisky et d’improvisation; elle assassine ses démons, la pièce est un succès.

 

«They want to be loved

They have to be loved

The whole world

everybody wants to be loved.»

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